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Benoît Cotteau de Simencourt décroche l’or aux Jeux Européens de l’Économie

À seulement 16 ans, Benoît Cotteau de Simencourt vient d’inscrire son nom au palmarès de la toute première édition des Jeux Européens de l’Économie, une compétition qui préfigure et accompagne la montée en puissance des olympiades économiques sur le continent, en marge des Jeux Internationaux d’Économie (IEO) qui se tiendront en Chine en juillet 2026.


Cette première édition des Jeux Européens de l’Économie doit son existence au professeur Sanjar Amirkhan, dont l’initiative et l’engagement ont été déterminants dans l’organisation de l’événement. Sans son travail, cette compétition inédite à l’échelle européenne n’aurait tout simplement pas pu voir le jour.
Initialement prévue en présentiel avec une dizaine de pays participants, cette première édition a finalement dû se dérouler intégralement en distanciel. En cause : un épisode de canicule qui a contraint les organisateurs à revoir en urgence le format de l’événement, privilégiant la sécurité des participants à la tenue physique des épreuves. Ce changement de dernière minute n’a toutefois pas affecté la qualité ni l’intensité de la compétition, les candidats ayant dû démontrer leurs compétences en analyse économique, en résolution de cas et en raisonnement stratégique à distance.


L’équipe de France s’est présentée avec trois représentants pour cette première édition. Le résultat est sans appel : Benoît Cotteau de Simencourt remporte la première place du classement général, tandis qu’un second membre de la délégation française obtient une mention honorable, confirmant la solidité de la préparation collective de l’équipe.


Cette performance individuelle et collective illustre le niveau croissant des jeunes économistes français sur la scène européenne, à un moment où ces compétitions gagnent en visibilité et en exigence.


Benoît Cotteau de Simencourt poursuit sa scolarité à Ardingly College, l’un des lycées internationaux les plus réputés du programme du Baccalauréat International (IB). Il y a d’ailleurs été distingué par le prix d’économie de son établissement, confirmant un talent déjà repéré bien avant cette victoire européenne.
Passionné par la transmission du savoir économique, Benoît est également le fondateur de La Jeune Tribune Économique, une newsletter dont la vocation est d’apprendre au plus grand nombre à réfléchir par eux-mêmes en matière économique, loin des idées reçues et du prêt-à-penser.


Ces Jeux Européens de l’Économie s’inscrivent en marge des Jeux Internationaux d’Économie (IEO), qui se dérouleront en Chine à la mi-juillet. Pour Benoît Cotteau de Simencourt et son équipe, cette victoire constitue une étape supplémentaire dans une préparation déjà intense, qui les mènera prochainement sur la scène internationale face aux meilleures délégations mondiales.

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Retraite en France : pourquoi les Français doivent progressivement apprendre à compter davantage sur eux-mêmes

À l’occasion de l’Amundi World Investment Forum organisé par Amundi, nous avons échangé avec Catherine Leroy, Directrice Epargne Salariale et Retraite chez Amundi, afin de mieux comprendre les grands enjeux actuels autour de la retraite en France, mais aussi les différences avec la Belgique.

Pendant longtemps, les Français ont considéré que le système public de retraite serait le principal pilier de leur pension. Mais aujourd’hui, cette vision évolue progressivement.

Entre vieillissement démographique, augmentation de l’espérance de vie et tensions budgétaires croissantes, la question de la préparation individuelle de la retraite prend une place de plus en plus importante.

Un système public sous pression

Pour Catherine Leroy, le constat est clair : le système de retraite français reste central, mais il est aujourd’hui sous tension.

« Les Français ont longtemps considéré que le système public serait le premier contributeur à leur pension. Mais depuis quelques années, une prise de conscience s’opère progressivement. »

Le principal problème est démographique : il y a de plus en plus de retraités et relativement moins d’actifs pour financer le système. À cela s’ajoute une espérance de vie plus longue, ce qui signifie que les pensions doivent être versées plus longtemps.

Le Conseil d’Orientation des Retraites a d’ailleurs déjà alerté sur la dégradation progressive des finances du système dans les années à venir.

Dans ce contexte, Catherine Leroy estime qu’il devient essentiel d’accompagner cette prise de conscience collective, notamment auprès des plus jeunes générations.

Le PER : la montée en puissance de l’épargne retraite individuelle

La meilleure illustration de cette évolution est sans doute le succès du PER (Plan Épargne Retraite), lancé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte.

Aujourd’hui :

  • près d’1 Français sur 4 possède un PER ;
  • environ 150 milliards d’euros d’encours ont déjà été accumulés.

Et la dynamique continue de s’accélérer.

Deux grandes catégories se développent fortement :

  • le PER individuel ;
  • le PER d’entreprise.

Selon Catherine Leroy, cette progression montre que les Français commencent progressivement à intégrer l’idée qu’il faudra compléter le système obligatoire par une épargne personnelle.

Les entreprises jouent désormais un rôle clé

Autre élément important : les entreprises deviennent progressivement des acteurs centraux dans la préparation de la retraite.

Participation, intéressement, partage de la valeur… de nombreux dispositifs peuvent désormais être orientés vers un PER.

« Environ 80 % des salariés considèrent aujourd’hui que leur entreprise a un rôle à jouer dans la préparation de leur retraite », explique Catherine Leroy.

Le sujet devient donc également stratégique pour les directions RH et les dirigeants.

Mais pour encourager davantage les entreprises, elle estime que le cadre fiscal et social doit rester stable et lisible afin de faciliter les projections à long terme.

Pourquoi commencer tôt change tout

L’un des messages les plus importants de cette interview concerne le temps.

« La retraite est probablement le seul projet de vie dont on est certain qu’il arrivera un jour. Pourtant, beaucoup de personnes commencent à s’y intéresser trop tard. »

Commencer tôt permet pourtant plusieurs avantages majeurs :

  • investir progressivement ;
  • verser des montants plus faibles ;
  • bénéficier de l’effet du temps et de la capitalisation ;
  • investir sur des horizons plus longs avec davantage d’exposition aux marchés financiers.

En clair : plus on commence jeune, plus l’effort financier peut être réduit.

Les jeunes s’intéressent davantage à l’investissement qu’on ne le pense

Contrairement à certaines idées reçues, Catherine Leroy estime que les jeunes générations sont loin d’être déconnectées des marchés financiers et des questions liées à la retraite.

« Les jeunes s’intéressent à l’investissement. Ils aiment comprendre les marchés et les mécanismes économiques. »

Le véritable enjeu serait donc surtout pédagogique : leur proposer des solutions simples, compréhensibles et adaptées à leurs objectifs qu’ils s’agissent de diversification ou de se préparer une retraite confortable.

L’éducation financière joue ici un rôle essentiel pour permettre aux nouvelles générations de prendre des décisions plus éclairées.

Le risque d’une baisse du niveau de vie à la retraite est réel

Pour Catherine Leroy, le risque est bien réel.

Aujourd’hui, le taux de remplacement — c’est-à-dire la différence entre le dernier salaire et la pension de retraite — tourne souvent autour de 50 à 60 %.

Concrètement, une personne gagnant 5.000 euros avant sa retraite pourrait percevoir environ la moitié une fois retraitée.

Et ce taux pourrait encore diminuer dans les années à venir si les déséquilibres démographiques persistent.

D’où l’importance, selon elle, de rééquilibrer :

  • la retraite obligatoire ;
  • et la retraite que chacun peut progressivement se constituer individuellement.

France vs Belgique : une différence importante autour du PER

La France et la Belgique font face à des problématiques assez similaires :

  • vieillissement de la population ;
  • pression sur les finances publiques ;
  • inquiétudes sur le financement futur des pensions.

Mais Catherine Leroy souligne une différence majeure : la France a réussi à structurer une véritable épargne retraite individuelle autour du PER.

En Belgique, il existe bien des mécanismes d’épargne pension, mais souvent avec :

  • des plafonds plus limités ;
  • des avantages fiscaux plus encadrés ;
  • moins de flexibilité ;
  • et une perception davantage orientée « produit fiscal » qu’« investissement ».

Selon elle, le PER a permis en France de “cristalliser” cette nécessité de construire progressivement une retraite complémentaire.

Autre avantage important : il existe des conditions de rachats sur le PER grâce auxquelles les fonds investis ne sont pas totalement bloqués jusqu’à la retraite, ce qui rend le produit plus souple et plus attractif.

Vers une retraite plus hybride

Finalement, l’un des grands enseignements de cette interview est que les modèles de retraite évoluent progressivement partout en Europe.

Le système public reste central, mais il ne suffira probablement plus à garantir à lui seul le même niveau de vie qu’auparavant.

L’avenir semble donc s’orienter vers un modèle plus hybride :

  • une retraite publique ;
  • complétée par une épargne individuelle ;
  • avec un rôle croissant des entreprises et de l’éducation financière.

Et plus cette préparation commence tôt, plus elle devient simple à mettre en place.

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Que vérifier avant d’ouvrir un compte sur un exchange ? (Avec Bybit)

Avant d’ouvrir un compte sur un exchange crypto, il est essentiel de vérifier la sécurité, les frais, la régulation et la liquidité.

Ouvrir un compte sur une plateforme de cryptomonnaies est aujourd’hui très simple. En quelques minutes, un utilisateur peut créer un accès, déposer des fonds et commencer à acheter des actifs numériques comme le Bitcoin ou l’Ether.

Ces plateformes, appelées exchanges, jouent un rôle central dans l’écosystème crypto.

Un exchange est tout simplement une plateforme d’échange qui permet d’acheter, vendre ou échanger des cryptomonnaies contre d’autres actifs, comme des euros ou des dollars. Il s’agit de l’équivalent d’une place de marché financière, mais dédiée aux actifs numériques.

C’est par ce type de service que la majorité des utilisateurs accèdent aujourd’hui à la crypto. Mais derrière cette facilité d’accès, tous les exchanges ne se valent pas. Certains sont encadrés et sécurisés, d’autres présentent des niveaux de risque plus élevés. Avant d’y déposer de l’argent, plusieurs points doivent donc être analysés avec attention.

La régulation et le cadre légal de la plateforme

Le premier élément à vérifier est le cadre réglementaire dans lequel opère l’exchange. Une plateforme régulée dans une juridiction reconnue offre généralement un niveau de protection plus élevé pour l’utilisateur. Cela implique des obligations en matière de transparence, de lutte contre le blanchiment et de protection des fonds clients.

En Europe, certaines plateformes sont enregistrées auprès d’autorités financières nationales ou opèrent via des entités conformes aux règles locales. Cela ne garantit pas l’absence totale de risque, mais cela réduit fortement les zones d’incertitude.

À l’inverse, un exchange non régulé ou basé dans une juridiction opaque peut poser des problèmes en cas de litige, de blocage de compte ou de faillite. La régulation est donc un premier filtre essentiel, car elle détermine le niveau de recours possible pour l’utilisateur en cas de problème.

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🚀 Choisir le bon exchange est une étape clé

Avant d’investir, prenez le temps de comparer la sécurité, les frais et les fonctionnalités proposées par chaque plateforme.

Investir comporte des risques.

Reprenons…

La sécurité des fonds et des infrastructures

Le deuxième point concerne la sécurité. Dans l’univers crypto, les exchanges sont des cibles fréquentes de piratage. Il est donc important de comprendre comment la plateforme protège les fonds des utilisateurs.

Les bonnes pratiques incluent généralement le stockage d’une grande partie des actifs en cold storage, c’est-à-dire hors ligne, ainsi que l’utilisation de systèmes d’authentification forte comme le 2FA.

Certaines plateformes vont plus loin en publiant des preuves de réserves ou en mettant en place des assurances contre les pertes liées à des incidents techniques.

Un autre aspect à surveiller est l’historique de la plateforme. Un exchange ayant déjà subi des failles majeures ou des problèmes de retrait doit être analysé avec prudence. La sécurité ne repose pas uniquement sur la technologie, mais aussi sur la gestion globale du risque.

Les frais, la transparence et la structure des coûts

Les frais sont souvent sous-estimés lors de l’ouverture d’un compte, alors qu’ils ont un impact direct sur la performance à long terme. Un exchange peut afficher des frais de trading faibles, mais compenser par des coûts cachés sur les dépôts, les retraits ou les conversions.

Il est donc important d’analyser la structure complète des frais : frais de transaction, frais de spread, frais de retrait et éventuels frais liés aux conversions entre cryptomonnaies et monnaies fiat.

La différence entre deux plateformes peut sembler faible à court terme, mais devenir significative avec un usage régulier. La transparence est également un indicateur important. Une plateforme qui affiche clairement ses coûts inspire généralement plus de confiance qu’un exchange dont la structure tarifaire est complexe ou peu lisible.

La liquidité et la qualité d’exécution des ordres

Un autre critère souvent négligé est la liquidité. Elle correspond à la capacité d’un exchange à exécuter des ordres rapidement, sans écart important entre le prix affiché et le prix réel d’exécution.

Sur une plateforme peu liquide, un utilisateur peut subir un slippage important, c’est-à-dire un décalage entre le prix attendu et le prix obtenu. Ce phénomène est particulièrement visible lors de mouvements de marché importants ou sur des cryptomonnaies moins échangées.

La liquidité est donc un facteur clé de qualité d’exécution. Elle reflète aussi indirectement le niveau d’activité de la plateforme et la confiance des utilisateurs. La manière dont ces plateformes évoluent et se différencient devient ainsi un élément central pour comprendre l’avenir de l’écosystème crypto en Europe.

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MiCA : quelles plateformes crypto resteront autorisées ?

À partir du 1er juillet 2026, seules les plateformes disposant de l’agrément européen MiCA pourront exercer légalement dans l’Union européenne.

Le compte à rebours est lancé pour les plateformes de cryptomonnaies présentes en Europe. À partir du 1er juillet 2026, les entreprises qui ne disposent pas du nouvel agrément européen MiCA ne pourront plus proposer leurs services aux investisseurs européens.

Adopté pour harmoniser les règles du marché des cryptomonnaies dans l’Union européenne, le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) impose désormais un cadre unique à l’ensemble des acteurs du secteur. Les plateformes qui étaient déjà enregistrées avant l’entrée en vigueur du texte bénéficiaient jusqu’à présent d’une période transitoire, appelée « clause du grand-père ». Celle-ci prend fin le 30 juin.

Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), seules 18 entreprises avaient obtenu leur agrément européen à la fin du mois de mai. Les autres risquent de devoir arrêter leurs activités si elles n’obtiennent pas leur autorisation à temps.

Les plateformes déjà en règle

La liste des plateformes autorisées évolue régulièrement au fur et à mesure que les dossiers sont validés par les régulateurs européens. Plutôt que de se fier à une liste qui peut rapidement devenir obsolète, les investisseurs ont tout intérêt à vérifier directement le statut de leur plateforme.

Le premier réflexe consiste à consulter la liste blanche de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le régulateur français y recense les acteurs autorisés à proposer leurs services aux investisseurs. Il suffit de rechercher le nom de sa plateforme pour vérifier si elle est en conformité avec le règlement MiCA.

Pour consulter cette liste, rendez-vous sur : la liste blanche de l’AMF

Que va-t-il arriver aux autres plateformes ?

Sur les 75 entreprises concernées en France, seule une partie a finalisé ses démarches. L’AMF a même renforcé ses équipes en recrutant 25 personnes supplémentaires pour traiter les demandes d’agrément.

Pour les sociétés qui n’obtiendraient pas leur autorisation à temps, la situation pourrait devenir compliquée. Elles devront refuser de nouveaux clients et organiser progressivement la fermeture de leurs activités. Les utilisateurs seront alors invités à transférer leurs cryptomonnaies vers une plateforme agréée. Certaines pourraient néanmoins éviter cette issue en trouvant un repreneur déjà titulaire d’un agrément MiCA ou en finalisant leur dossier dans les dernières semaines précédant l’échéance.

Une nouvelle étape pour le marché européen

Derrière cette échéance réglementaire, l’Union européenne cherche surtout à professionnaliser un secteur longtemps considéré comme peu encadré. Pour les investisseurs, l’objectif est d’apporter davantage de garanties en matière de sécurité et de protection des actifs.

Le 1er juillet pourrait ainsi marquer un tournant pour le marché crypto européen. Après des années de croissance, les plateformes devront désormais répondre aux mêmes exigences réglementaires que les acteurs financiers traditionnels pour continuer à se développer.

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ETF ou stock picking : qui gagne vraiment sur 20 ans ?

Chaque investisseur finit un jour par se poser la question. D’un côté, les ETF promettent une performance proche du marché avec peu d’efforts. De l’autre, le stock picking offre la possibilité de battre les indices en sélectionnant les meilleures entreprises.

Sur le papier, choisir les futurs Apple, Microsoft ou Nvidia semble plus séduisant que posséder simplement « le marché ».

Mais que disent réellement les statistiques sur une période de 20 ans ?Avant de continuer, un grand merci à notre sponsor Trade Republic pour son soutien 🤝

Le rêve du stock picking

Le stock picking repose sur une idée simple : identifier les entreprises qui créeront le plus de valeur dans le futur.

Si un investisseur avait acheté des actions comme Apple, Microsoft ou Amazon il y a vingt ans, il aurait largement surperformé le S&P 500.

Le problème est évident : il est facile d’identifier les gagnants après coup.

En 2005, personne ne savait avec certitude quelles entreprises domineraient les décennies suivantes.

Pour chaque succès spectaculaire, des centaines d’entreprises autrefois prometteuses ont stagné, disparu ou sous-performé.

La difficulté n’est donc pas de trouver les gagnants d’hier, mais de trouver ceux de demain.

Une réalité souvent ignorée : peu d’actions créent l’essentiel de la performance

Une étude célèbre du professeur Hendrik Bessembinder a montré qu’une faible minorité d’actions est responsable de la quasi-totalité de la création de richesse en Bourse.

La majorité des titres affichent des performances inférieures aux bons du Trésor américains sur le long terme.

Autrement dit :

  • Quelques entreprises génèrent des rendements extraordinaires.
  • Beaucoup produisent des résultats médiocres.
  • Certaines disparaissent complètement.

Le défi du stock picker consiste donc à identifier à l’avance cette petite minorité exceptionnelle.

Les professionnels eux-mêmes ont du mal à battre les indices

On pourrait penser que les gérants professionnels disposent d’un avantage.

Pourtant, année après année, une majorité de fonds actifs sous-performe leur indice de référence après frais.

Les raisons sont nombreuses :

  • frais plus élevés ;
  • erreurs d’analyse ;
  • rotation excessive du portefeuille ;
  • biais comportementaux ;
  • difficulté à prévoir l’avenir.

Si les équipes de recherche composées d’analystes expérimentés peinent à battre le marché de manière durable, la tâche devient encore plus complexe pour un investisseur particulier.

L’avantage caché de l’ETF

Lorsque vous achetez un ETF Monde ou un ETF S&P 500, vous faites quelque chose d’assez particulier.

Vous possédez automatiquement :

  • les gagnants d’aujourd’hui ;
  • les gagnants de demain ;
  • les entreprises qui remplaceront les leaders actuels.

Vous n’avez pas besoin de prédire quelles sociétés domineront dans vingt ans. L’indice effectue ce travail à votre place.

Les entreprises qui réussissent prennent progressivement plus de place dans l’indice. Les entreprises qui déclinent sont remplacées.

L’investisseur bénéficie ainsi d’un mécanisme d’adaptation automatique.

Les frais : un détail qui n’en est pas un

Supposons deux portefeuilles qui réalisent exactement la même performance brute.

  • ETF : frais de 0,15 % par an.
  • Fonds actif ou portefeuille fortement géré : 1,5 % par an.

L’écart semble faible.

Sur vingt ans, il peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un portefeuille conséquent grâce à l’effet des intérêts composés.

Les frais sont l’une des rares variables que l’investisseur contrôle réellement.

Alors, faut-il abandonner le stock picking ?

Pas forcément. Le stock picking peut avoir plusieurs avantages :

  • plaisir intellectuel ;
  • meilleure compréhension des entreprises ;
  • possibilité de surperformance ;
  • sentiment d’implication plus fort.

Mais il faut reconnaître une réalité : La plupart des investisseurs ne battent pas durablement les indices.

Pour beaucoup, le stock picking ressemble davantage à une activité de passion qu’à une stratégie optimale de construction de patrimoine.

Une solution hybride souvent sous-estimée

De nombreux investisseurs adoptent finalement une approche intermédiaire :

  • 80 à 90 % du portefeuille en ETF diversifiés ;
  • 10 à 20 % consacrés au stock picking.

Cette méthode permet :

  • de bénéficier de la robustesse des indices ;
  • de limiter le risque d’erreur ;
  • de conserver le plaisir de sélectionner quelques entreprises.

L’essentiel du patrimoine repose alors sur une stratégie éprouvée, tandis qu’une petite partie satisfait l’envie de rechercher des opportunités.

Ce que les investisseurs de long terme devraient retenir

Sur vingt ans, la vraie compétition n’oppose pas les ETF aux actions individuelles. Elle oppose surtout :

  • la diversification à la concentration ;
  • la discipline à l’émotion ;
  • les faibles frais aux coûts élevés.

Oui, certains investisseurs battront largement les ETF grâce au stock picking. Mais la question n’est pas de savoir si c’est possible.

La question est de savoir combien y parviendront réellement pendant vingt ans, après frais, impôts et erreurs comportementales. Et sur ce terrain, les ETF ont un avantage difficile à ignorer.

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Bitcoin : comment Wall Street s’est approprié le BTC

Créé pour contourner le système financier mondial, le Bitcoin est aujourd’hui piloté par les mêmes mécanismes qu’il prétendait fuir. Décryptage d’un paradoxe historique.

Créé en 2009 dans le sillage de la crise des subprimes, le Bitcoin portait une ambition radicale : proposer une alternative aux monnaies traditionnelles et aux banques centrales. Pensé comme un actif décentralisé, indépendant des États et des institutions financières, il devait devenir une forme d’« or numérique » capable de résister aux crises monétaires et politiques.


Quinze ans plus tard, la réalité des marchés raconte une autre histoire. À mesure que les investisseurs institutionnels et les grands fonds de Wall Street ont adopté les cryptomonnaies, le Bitcoin s’est progressivement intégré aux mécanismes classiques de la finance mondiale. Désormais, son évolution dépend moins des promesses technologiques de la blockchain que de la liquidité mondiale, des taux d’intérêt américains et des tensions géopolitiques.

Loin d’être totalement décorrélé du système financier traditionnel, le Bitcoin tend aujourd’hui à réagir comme un actif risqué fortement sensible à la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Géopolitique, pétrole et fuite vers la sécurité

Les récents épisodes de tensions au Proche-Orient ont rappelé à quel point les marchés financiers restent dépendants des chocs géopolitiques et énergétiques. Lorsqu’un conflit menace l’approvisionnement mondial en pétrole, les prix de l’énergie augmentent rapidement, alimentant les anticipations d’inflation.


Dans ce contexte, les investisseurs adoptent généralement une posture dite Risk-Off : ils réduisent leur exposition aux actifs les plus volatils pour privilégier des valeurs considérées comme plus sûres dollar américain, obligations d’État, or. Les cryptomonnaies font souvent partie des premières victimes de ce mouvement de prudence.

Le Bitcoin, initialement présenté comme un actif refuge indépendant des États, tend désormais à évoluer de manière proche des actifs technologiques à haut risque, particulièrement lors des phases de stress sur les marchés.

Le paradoxe du minage : pourquoi la hausse de l’énergie ne soutient pas toujours le Bitcoin

À première vue, une hausse du coût de l’électricité devrait mécaniquement augmenter le coût de production du Bitcoin et soutenir son prix. Dans les faits, le mécanisme est plus complexe. Les mineurs de Bitcoin ne fixent pas librement leurs prix : ils dépendent directement du marché.


En 2022, le Bitcoin est passé d’environ 69 000 $ fin 2021 à près de 15 500 $ un an plus tard, dans un contexte de forte hausse des taux américains et de tensions énergétiques mondiales. Certains mineurs ont été contraints de vendre leurs réserves pour couvrir leurs coûts, accentuant temporairement la pression vendeuse.

Le protocole Bitcoin intègre toutefois un mécanisme d’ajustement automatique le Difficulty Adjustment qui permet de réduire la difficulté de minage lorsque des acteurs quittent le réseau, assurant ainsi la continuité du système. Par ailleurs, certains grands acteurs disposent d’un accès à des surplus hydroélectriques ou à du gaz inutilisé, réduisant considérablement leurs coûts.

Trois crises qui ont transformé le marché crypto

Le choc du Covid-19 : la panique de liquidité

En mars 2020, face à l’incertitude provoquée par la pandémie, les investisseurs cherchent massivement du cash. Le Bitcoin perd près de 40 % en une seule journée lors du Black Thursday du 12 mars 2020. Cette chute illustre un point essentiel : dans les phases de panique extrême, les investisseurs liquident tous les actifs risqués, y compris les cryptomonnaies.

La guerre en Ukraine : l’émergence d’un usage alternatif

Lors de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, le marché crypto subit d’abord une forte volatilité avant de se stabiliser. Pour la première fois à grande échelle, les cryptomonnaies sont utilisées comme outils de transfert de capitaux en contexte de guerre. Des millions de dollars de dons en crypto-actifs sont envoyés vers l’Ukraine, montrant que le Bitcoin conserve certaines caractéristiques alternatives malgré sa financiarisation.

L’ère des ETF : Wall Street change les règles du jeu

L’approbation des ETF Bitcoin spot aux États-Unis marque un tournant majeur. En quelques mois, plusieurs milliards de dollars affluent vers ces produits financiers institutionnels. Désormais détenu par des fonds et gestionnaires d’actifs, le Bitcoin devient plus sensible aux arbitrages de portefeuille, aux taux d’intérêt et aux mouvements des stratégies algorithmiques.

La FED, véritable moteur du marché crypto

Si les tensions géopolitiques provoquent des secousses à court terme, la trajectoire de fond du Bitcoin reste largement influencée par la politique monétaire américaine. Depuis 2022, la FED a relevé ses taux directeurs de près de 0 % à plus de 5 %, soit le resserrement monétaire le plus rapide depuis les années 1980.


La relation peut être résumée simplement : lorsque l’argent est abondant et peu coûteux, les investisseurs se tournent vers les actifs risqués comme les cryptomonnaies. Lorsque les taux augmentent, les capitaux se réorientent vers les obligations et placements jugés plus sûrs le marché crypto devient alors beaucoup plus fragile.

Le paradoxe de la maturité

Le Bitcoin fait aujourd’hui face à une contradiction majeure. En réussissant son intégration dans la finance institutionnelle, il a gagné en légitimité, en liquidité et en
adoption mondiale. Mais cette normalisation l’a également rendu plus dépendant des mêmes mécanismes financiers qu’il prétendait initialement contourner.


L’actif imaginé comme une alternative au système monétaire mondial est progressivement devenu un baromètre de la liquidité mondiale pilotée par les banques centrales. Et c’est peut-être là le véritable tournant historique du Bitcoin :
être passé du statut de monnaie anti-système à celui d’actif pleinement intégré à Wall Street.

SOURCES :

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S&P 500 : l’illusion derrière les records

Les grands indices américains affichent des records mais derrière la vitrine, une poignée de géants technologiques porte seule tout le marché. Décryptage.

À première vue, les marchés américains semblent traverser une nouvelle phase d’euphorie. Le S&P 500 évolue à proximité de ses sommets historiques, porté par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle. Mais cette solidité de façade masque une réalité bien plus fragile.

Selon Bloomberg et Goldman Sachs, les principales mégacapitalisations technologiques (Microsoft, Apple, Nvidia, Amazon, Alphabet, Meta) peuvent représenter près d’un tiers de la capitalisation totale du S&P 500. L’indice étant pondéré par la capitalisation boursière, la hausse spectaculaire des géants tech suffit à masquer les difficultés du reste du marché.


La preuve : le S&P Equal Weight où chaque entreprise pèse autant sous- performe nettement le S&P 500 classique depuis plusieurs trimestres. Wall Street n’est pas tiré par une dynamique économique généralisée, mais par une
concentration massive des flux vers quelques valeurs considérées comme les grandes gagnantes de l’ère IA.

L’immobilier sous haute pression :

Pendant que les capitaux se ruent vers la Big Tech et les infrastructures IA un marché dont les dépenses mondiales pourraient dépasser 600 milliards de dollars
l’économie réelle subit de plein fouet le maintien des taux élevés.


Chiffre clé : les taux hypothécaires à long terme évoluent autour de 6,5 % à 7 %, contre environ 3 % durant la décennie post-Covid. Un double blocage : les acheteurs
peinent à emprunter, tandis que les propriétaires refusent de vendre pour conserver leurs anciens prêts à taux bas.


Du côté de l’immobilier commercial, des centaines de milliards de dollars de dettes doivent être refinancées dans un environnement beaucoup plus coûteux, avec en
prime des taux de vacance historiquement élevés dans les grandes villes, portés par la montée durable du télétravail.

Industries & small caps : les oubliés

Le secteur industriel résiste sur le plan économique grâce aux politiques de relocalisation et aux investissements en infrastructures mais souffre en Bourse.
Les entreprises industrielles et les petites capitalisations (Russell 2000) restent beaucoup plus dépendantes du crédit bancaire que les géants tech, qui nagent dans
les liquidités.

  • Coûts énergétiques élevés qui compriment les marges
  • Conditions de financement bancaire durcies
  • Investisseurs qui privilégient la croissance immédiate et les cash-flows
  • Contraste de valorisation spectaculaire face aux valeurs technologiques

La FED : seul arbitre qui compte

Dans ce contexte de fracture entre Wall Street et l’économie réelle, la politique monétaire de la Réserve fédérale reste le principal catalyseur des prochains mois. Deux scénarios s’affrontent.

Scénario 1 : Taux durablement élevés

Si l’inflation persiste, les déséquilibres s’accentuent. L’immobilier commercial continue de souffrir, les secteurs crédit-dépendants restent fragilisés. Le marché
devient encore plus concentré sur la Big Tech et donc encore plus vulnérable à une correction.

Scénario 2 : Le pivot monétaire

Une baisse de 25 à 50 points de base suffirait à rééquilibrer le marché : l’immobilier, les small caps, les valeurs industrielles et cycliques retrouveraient de l’air. Les flux
pourraient quitter partiellement la Big Tech pour des segments plus décotés.

Ce que ça signifie vraiment

La résilience de Wall Street ne dit rien sur la santé de l’économie américaine.

Elle reflète avant tout la capacité exceptionnelle de quelques géants technologiques à capter la majorité des flux mondiaux de capitaux dans un monde dominé par l’IA et la recherche de croissance.
La vraie question pour les prochains mois n’est pas « est-ce que le S&P 500 va monter ? » mais « est-ce que cette hausse peut enfin redevenir plus large, plus équilibrée, et économiquement plus saine ? »

SOURCES :

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Inflation UK : stable à 2,8 % en mai, pression sur la BoE

Les données d’inflation britannique pour mai 2026 sont tombées ce matin. Verdict de l’ONS : le CPI est resté stable à 2.8% sur un an, en dessous des attentes des économistes qui anticipaient 3.0%.

Une stabilisation trompeuse

La bonne nouvelle s’arrête là. L’inflation des services ; indicateur auquel la Banque d’Angleterre accorde une attention particulière, a accéléré de 3.2% à 3.7%. Or ce composant est considéré comme le plus persistant et le plus révélateur des pressions inflationnistes domestiques. L’inflation sous-jacente (core CPI, hors énergie et alimentaire) a elle aussi légèrement progressé, passant de 2.5% à 2.6%. 

Le transport constitue le principal contributeur à la hausse, tandis que l’alimentation a joué un rôle modérateur. Un équilibre fragile, susceptible de se rompre dans les prochains mois. 

L’ombre de la Banque d’Angleterre

Ces données tombent à un moment particulièrement sensible : la Banque d’Angleterre se réunit demain pour statuer sur les taux d’intérêt. La BoE avait amorcé une trajectoire de détente prudente au début de l’année, les marchés pariant sur des baisses de taux progressives. L’institution projetait un CPI à 3.1% au deuxième trimestre, 3.3% au troisième, avec une nouvelle accélération attendue au quatrième trimestre. 

La résistance de l’inflation des services aujourd’hui ne plaide pas pour un assouplissement rapide. Des taux directeurs élevés prolongés, c’est une pression continue sur les remboursements hypothécaires, le crédit aux entreprises et la consommation des ménages britanniques.

Le spectre de la guerre en Iran

La plupart des économistes anticipent une remontée de l’inflation vers 4% d’ici la fin de l’année, en raison des conséquences économiques du conflit en Iran. Les tensions au Moyen-Orient font peser une pression à la hausse sur les coûts de l’énergie et du carburant, qui se répercute désormais sur les prix à la consommation britanniques. En avril, les prix du carburant automobile avaient bondi de 23% sur un an ; leur plus forte progression depuis septembre 2022. 

Ce que ça change pour les investisseurs

La stabilisation à 2.8% pourrait sembler rassurante. Mais les composantes internes ; services en hausse, core CPI orienté à la hausse, racontent une histoire différente. Une inflation confirmée au-dessus de 3.0% dans les prochains mois repousserait encore les perspectives de baisse de taux, maintenant les coûts d’emprunt à des niveaux élevés pour les ménages comme pour les entreprises. 

Pour les marchés obligataires britanniques, la pression reste entière. Pour la livre sterling, le maintien d’une politique restrictive pourrait constituer un soutien à court terme. Mais à quel prix pour la croissance ?

SOURCES : 

Office for National Statistics (ONS) : Consumer Price Inflation, UK: May 2026 

House of Commons Library : Inflation in the UK: Economic Indicators, 

Bank of England : Monetary Policy Report

UK inflation stays at 2.8% as slowing food prices offset rising transport costs

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Comment investir quand les marchés sont au plus haut ?

À chaque nouveau record boursier, la même question revient : Est-ce vraiment le bon moment pour investir ? L’inquiétude est compréhensible.

Acheter après plusieurs années de hausse donne souvent l’impression d’arriver trop tard, juste avant une éventuelle correction.

Pourtant, cette réflexion repose souvent sur une confusion entre deux notions différentes : le niveau actuel du marché et son rendement futur à long terme.

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Un marché au plus haut n’est pas une situation exceptionnelle

Beaucoup d’investisseurs considèrent un record historique comme un signal d’alerte.

En réalité, dans un marché haussier de long terme, les records sont fréquents. Si l’économie progresse, que les entreprises innovent, augmentent leurs bénéfices et créent de la valeur, les indices boursiers sont naturellement amenés à atteindre régulièrement de nouveaux sommets.

Prenons un exemple simple. Un investisseur qui aurait refusé d’investir sur le S&P 500 parce qu’il était à son plus haut en 2013, 2017 ou 2021 aurait manqué plusieurs années de progression supplémentaires.

Un plus haut historique ne signifie pas nécessairement qu’un marché est surévalué. Cela signifie simplement que les investisseurs sont prêts à payer davantage aujourd’hui qu’auparavant pour détenir les entreprises qui composent l’indice.

Ce qui compte n’est pas le prix, mais la valorisation

L’erreur la plus fréquente consiste à penser qu’un marché est cher uniquement parce qu’il a beaucoup monté.

Or, une hausse des cours peut être parfaitement justifiée si les bénéfices des entreprises progressent eux aussi.

Pour évaluer si un marché est réellement tendu, les investisseurs regardent généralement des indicateurs de valorisation :

  • le ratio cours/bénéfices (PER) ;
  • le ratio cours/chiffre d’affaires ;
  • les marges des entreprises ;
  • les taux d’intérêt ;
  • les perspectives de croissance économique.

Un indice peut être à son plus haut tout en restant raisonnablement valorisé. À l’inverse, un marché peut avoir déjà fortement corrigé tout en demeurant cher si les bénéfices se dégradent rapidement. Le niveau absolu d’un indice donne donc peu d’informations à lui seul.

Les rendements futurs ont tendance à diminuer lorsque les valorisations sont élevées

C’est ici que le débat devient plus intéressant. Si les records historiques ne permettent pas de prédire une baisse imminente, les valorisations élevées ont souvent un impact sur les rendements futurs attendus.

Lorsque les investisseurs acceptent de payer très cher les bénéfices des entreprises, une partie de la performance future est déjà intégrée dans les prix. Historiquement, les périodes où les valorisations sont très élevées ont souvent été suivies de rendements plus modestes sur les dix années suivantes.

Cela ne signifie pas que le marché va chuter demain. Cela signifie simplement que le potentiel de performance peut être moins important que lors de périodes où les actifs étaient moins chers.

Autrement dit : Les valorisations influencent davantage les rendements futurs de long terme que les performances des prochains mois.

Le coût de l’attente est souvent sous-estimé

Face à un marché jugé cher, de nombreux investisseurs préfèrent attendre une correction.

Le problème est que cette stratégie implique deux décisions particulièrement difficiles :

  • savoir quand sortir ou ne pas entrer ;
  • savoir quand revenir.

    Même si une correction finit par arriver, rien ne garantit qu’elle ramènera les marchés sous le niveau auquel l’investisseur aurait pu acheter initialement.

    C’est ce qui explique pourquoi de nombreux investisseurs restent plusieurs années en liquidités en attendant un point d’entrée qui ne se présente jamais.

    Pendant ce temps, le coût d’opportunité s’accumule :

    • dividendes non perçus ;
    • croissance des bénéfices non captée ;
    • effet des intérêts composés retardé.

    Le risque d’attendre est souvent moins visible que le risque de perdre temporairement de l’argent, mais il peut être tout aussi important.

    Investir progressivement : une réponse plus psychologique que financière

    Lorsque les marchés semblent particulièrement élevés, l’investissement progressif (DCA) est souvent présenté comme une solution.

    D’un point de vue statistique, investir immédiatement une somme disponible a historiquement produit de meilleurs résultats dans la majorité des cas, simplement parce que les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent.

    Cependant, investir progressivement présente un avantage majeur : il réduit le risque émotionnel.

    Cette approche permet d’accepter plus facilement l’incertitude et limite le regret potentiel en cas de correction rapide après l’investissement.

    La meilleure stratégie n’est donc pas toujours celle qui maximise théoriquement le rendement, mais celle que l’investisseur est capable de suivre durablement.

    Ce que les investisseurs de long terme devraient retenir

    Pour un investisseur dont l’horizon est de plusieurs décennies, la question du « bon moment » est souvent surestimée.

    Les performances à long terme dépendent davantage :

    • du temps passé sur le marché ;
    • du montant régulièrement investi ;
    • des frais ;
    • de la diversification ;
    • de la discipline comportementale.

    Les marchés peuvent corriger après un record historique. Ils peuvent aussi continuer à progresser pendant plusieurs années. Personne ne le sait avec certitude.

    En revanche, ce que l’histoire financière montre de manière relativement constante, c’est que les investisseurs qui attendent le point d’entrée parfait finissent souvent par perdre quelque chose de plus précieux que quelques points de performance : du temps. Et en investissement, le temps reste l’actif le plus difficile à remplacer.

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    Trois banques centrales, une même prudence.

    En l’espace de 48 heures, la Fed hier soir, la Banque nationale suisse et la Banque d’Angleterre ce matin ont toutes les trois maintenu leurs taux. Pas de surprise en apparence. Mais le contexte, lui, a beaucoup bougé.

    La Fed change de visage

    C’était la première réunion du FOMC sous la présidence de Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell depuis le 22 mai. Les membres ont voté à l’unanimité pour maintenir le taux directeur entre 3,50 % et 3,75 %, pour la quatrième réunion consécutive. Mais ce qui a retenu l’attention, c’est surtout la rupture de style. 

    Warsh a annoncé la fin de la « forward guidance » : la Fed ne donnera plus d’indications sur la direction probable de sa politique monétaire. Le communiqué a été réduit à environ 130 mots, contre plus de 300 lors des réunions récentes. Warsh a également refusé de soumettre sa propre projection dans le « dot plot », le graphique qui recense les anticipations de taux des membres du comité. En clair : la boussole que les marchés utilisaient depuis des années vient d’être retirée. Les investisseurs devront désormais lire les données eux-mêmes, sans filet. 

    Sur le fond, les projections des 18 membres restants remontent : la médiane pour fin 2026 passe à 3,8 %, contre 3,4 % en mars, et neuf membres sur dix-huit anticipent au moins un relèvement des taux cette année. L’inflation américaine s’établissait à 4,2 % en mai en rythme annuel, au plus haut depuis avril 2023. Ce chiffre s’explique en grande partie par la guerre au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix de l’énergie depuis plusieurs mois. Trump a signé hier soir un mémorandum d’accord avec l’Iran à Versailles, posant les bases d’un cessez-le-feu et de la réouverture du détroit d’Ormuz. Mais les prix de l’énergie déjà intégrés dans l’économie ne disparaîtront pas du jour au lendemain. L’inflation dans le pipeline, elle, est déjà là. 

    Pour les portefeuilles, ce changement de régime à la Fed est structurellement important. Sans forward guidance, la volatilité obligataire risque d’augmenter : les marchés ne pourront plus s’appuyer sur des signaux anticipés pour pricer les taux. Les actions de croissance, déjà sensibles aux taux longs, resteront sous pression si un relèvement arrive à l’automne. Et l’incertitude, en règle générale, profite aux valeurs refuges.

    La BNS joue la montre

    La Banque nationale suisse a maintenu son taux à 0 %, prolongeant à un an la période où le coût du crédit suisse est au niveau le plus bas parmi les grandes banques centrales mondiales. L’inflation y reste quasi inexistante, même si la BNS relève légèrement ses prévisions pour 2026 à 0,6 % sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. La banque centrale signale également une plus grande disposition à intervenir sur le marché des changes pour prévenir une appréciation excessive du franc suisse. La BNS se retrouve dans une position inconfortable : ni l’inflation ni la croissance ne justifient de bouger, mais le franc fort pèse sur les exportateurs. Elle surveille surtout le change, pas les taux. 

    Pour un investisseur, le franc suisse reste une valeur refuge par excellence, mais son attrait se joue désormais moins sur les taux que sur la stabilité géopolitique. Avec l’accord irano-américain, la pression énergétique pourrait progressivement se desserrer, ce qui allégerait aussi l’équation de la BNS.

    La Banque d’Angleterre, seule face à ses divisions

    Le Comité de politique monétaire britannique a voté à 7 contre 2 pour maintenir le taux à 3,75 %. La cheffe économiste Huw Pill et la membre externe Megan Greene ont toutes deux appelé à une hausse immédiate de 0,25 point, arguant que les anticipations d’inflation des ménages sont au plus haut depuis au moins 2009. La majorité a préféré attendre, mais la dissidence grandit. 

    La BoE anticipe que l’inflation dépassera 3,25 % au dernier trimestre 2026, ce qui est significatif pour une économie qui avait réussi à ramener les prix sous contrôle l’an dernier. Le marché du travail se détend, ce qui devrait contenir les pressions salariales, mais le délai de transmission des prix de l’énergie n’est pas encore passé. La BoE note d’ailleurs que la trêve entre les États-Unis et l’Iran représente une bonne nouvelle pour le Royaume-Uni si elle se confirme, car elle ferait baisser les prix du carburant. 

    Pour les épargnants et emprunteurs britanniques, la situation reste suspendue : pas de baisse en vue, mais une hausse possible à l’automne si l’inflation résiste. Les détenteurs d’obligations d’État UK à courte maturité sont particulièrement exposés à ce risque.

    Ce que ça dit du moment

    Le cycle de baisses est terminé. La question n’est plus « quand baissent-ils ? » mais « qui va monter en premier ? ». L’accord États-Unis / Iran change la donne sur l’énergie à moyen terme, mais les effets inflationnistes des derniers mois sont déjà dans le système. Les banques centrales le savent, et leur prudence commune dit une chose : elles préfèrent attendre de voir les prix redescendre plutôt que de parier sur une détente qui n’est pas encore confirmée dans les chiffres.

    Sources :

    Le Monde : Kevin Warsh nommé à la tête de la Fed et première réunion de juin 2026

    Reuters : Le chef de la Fed, Warsh, saute le point de trajectoire des taux et lance une revue des communications

    Reuters : Warsh ignore le point de trajectoire des taux et lance une revue des communications

    La Fed de Barron ouvre un nouveau chapitre pour les marchés, dit Warsh